Un banc ou une œuvre d’art au service des Versaillais ?

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Une œuvre d’art contemporaine ouvre toujours un débat passionné. A Versailles, un « banc public » canalise les mêmes passions.

L’Art est au service de tous. Les étangs Gobert, jusque-là méconnus voire inconnus des Versaillais, auraient pu totalement disparaître. François de Mazières en a jugé autrement et a tenu à valoriser ce lieu dévolu désormais aux promenades familiales et aux instants de détente et de flânerie. Ce site, pleine nature au pied d’une des plus grandes gares d’Ile de France, méritait un traitement spécifique afin de valoriser ce quartier si souvent oublié et d’inviter les touristes et voyageurs en transit à prendre du temps. Outre le traitement paysager et architectural, c’est tout naturellement que l’idée d’y installer une œuvre d’art a vu le jour. Mais cette œuvre devait être au service de tous et porteuse de message. L’idée  d’un banc, lieu de rencontre, de réflexion, de repos, d’attentes… est devenue l’évidence. Il ne pouvait s’agir de simples bancs anonymes et discrets. Non, ce banc devait devenir le point de rencontre de la nature et de la ville, du calme des étangs et du mouvement de la gare.  Il devait devenir le point de jonction entre deux mondes qui n’ont pas assez le temps de se rencontrer, de deux quartiers si complémentaires, Chantiers et Saint-Louis. C’est pourquoi la conception a été confiée à Michel Desvignes, le plus grand paysagiste d’Europe. Et c’est grâce à lui que cette ligne blanche est née.

Ne faisons pas semblant, une œuvre d’art a un coût et demande du temps pour être comprise, c’est bien naturel. Elle ne peut être au prix du marché (quel marché ? le prix d’un banc public ?). Cette œuvre aura coûté 130 000 euros, et non 280 000 euros, comme le prétend la polémique. L’ensemble des travaux va coûter 20 millions d’euros au lieu des 47 prévus initialement. Cette œuvre d’art représente donc 0,65% du coût total de la réhabilitation de ces espaces. Quel était le ministre de la culture qui invitait à dépenser chaque année au moins 1% pour la culture ?

Il est logique qu’elle ne plaise pas à tous, il suffit pour s’en convaincre de rappeler tous les artistes ridiculisés par la critique, rejetés par le public. Alors, bien sûr, un banc de 90 mètres de long…   que la critique s’empare du sujet, quoi de plus naturel ? Qu’elle cherche à en comprendre le sens et l’utilité,  qu’elle s’interroge sur le choix de l’artiste (Français en plus), le contraire serait inquiétant ! Qu’elle en admire les courbes fluides et simples, ou qu’elle le trouve trop convenu, quoi de plus normal ?

Et ne nous trompons pas, une œuvre d’art est toujours un sujet central. Car, enfin, Cette œuvre dont nous parlons, n’est qu’une facette de l’énorme engagement pris par François de Mazières lors des élections de  2008.  Rappelons-nous, dans ce vaste projet des Chantiers, la ville était engagée pour un coût total de 47 millions ; il était constitué d’une énorme dalle de béton, un multiplexe, de parkings colossaux, d’un centre commercial signant définitivement la mort des commerces de quartiers. L’équipe de François de Mazières s’est engagée à le ramener à 20 millions. A la place, grâce à sa vision, deux quartiers, Chantiers et Saint-Louis vont être désenclavés. Les flux de circulation des bus et des automobiles seront beaucoup plus fluides. Les piétons et vélos pourront circuler en toute quiétude. De nouveaux espaces verts seront ouverts, des commerces de proximité vont s’implanter. Une salle de spectacles de 400 places va voir le jour…

Et tout cela ne fait plus sujet aujourd’hui. Quelle victoire, quel respect des engagements ! Seule reste une polémique qui cherche à masquer tout le travail accompli. Cela démontre bien que ce banc n’est pas un simple banc mais une véritable œuvre d’art.

Maintenant il est  temps que le banc retrouve sa vraie place dans ce débat, celui d’une œuvre d’art au service d’un lieu convivial, de repos, de rencontres et de détentes.

Martin Levrier

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